Mikel Landa (Soudal Quick-Step) a remporté samedi 12 septembre la 20e étape de la Vuelta 2026, l'étape reine entre La Calahorra et le Collado del Alguacil (186,8 km), en 4h58'01'', 47 secondes devant Tobias Halland Johannessen (Uno-X Mobility) et 1'27'' devant Ramses Debruyne (Alpecin-Premier Tech) : à 36 ans, le Basque signe sa première victoire depuis plus de cinq ans, la veille de son départ de l'équipe. Derrière, Enric Mas (Movistar) a résisté à la dernière offensive de la montagne et s'est assuré du maillot rouge : il compte 2'15'' d'avance sur Primož Roglič et 2'44'' sur Felix Gall avant la 21e et dernière étape, dimanche 13 septembre, 112 kilomètres autour de Grenade avec quatre ascensions vers l'Alhambra — un circuit que plus de la moitié des équipes jugent dangereux et voulaient neutraliser. La veille, à Peñas Blancas, Eddie Dunbar (Pinarello-Q36.5) avait renversé Santiago Buitrago dans le dernier kilomètre pour sa troisième victoire d'étape sur la Vuelta, avant d'abandonner le lendemain sur chute, la clavicule gauche fracturée. Au Canada, Remco Evenepoel a gagné le Grand Prix de Québec vendredi ; celui de Montréal se court ce dimanche. Récit des deux étapes de montagne, classement général complet, horaires et enjeux de l'arrivée à Grenade, et deux guides pratiques pour les cyclistes : réussir sa coupure de fin de saison, et rouler fort après 35 ans.

  • Étape 20 (samedi 12 septembre), La Calahorra → Collado del Alguacil, 186,8 km : Mikel Landa (Soudal Quick-Step) 4h58'01'', Tobias Halland Johannessen (Uno-X Mobility) +47'', Ramses Debruyne (Alpecin-Premier Tech) +1'27'', Pau Miquel +3'00'', Urko Berrade +4'12''. Sepp Kuss 8e à 4'35'' après un raid de 80 kilomètres.
  • Étape 19 (vendredi 11 septembre), Vélez-Málaga → Peñas Blancas, 210,8 km : Eddie Dunbar (Pinarello-Q36.5) 5h00'54'', Santiago Buitrago +14'', Thomas Gloag +23'', Urko Berrade +44''. Aucun écart entre les favoris.
  • Classement général avant la dernière étape : Mas 70h56'58'', Roglič +2'15'', Gall +2'44'', Carapaz +6'54'', Kuss +8'45'', Onley +9'28'', Omrzel +10'38'', Berthet +11'41'', Rodríguez +11'59'', Tejada +14'40''.
  • Maillots : Mas s'assure le rouge, Wout van Aert le vert, Santiago Buitrago les pois (mathématiquement acquis) et Oscar Onley le blanc.
  • Dimanche 13 septembre, étape 21 : Carrefour Granada → Grenade, 112 km, départ neutralisé à 16h20, arrivée prévue entre 19h06 et 19h24 sur le Paseo del Salón. Quatre montées vers le Generalife (env. 2 km à 6,5-7 %, en partie pavées), cinq passages sur la ligne, sprint intermédiaire au troisième.
  • Sécurité : selon la presse espagnole, plus de la moitié des équipes ont voté pour la neutralisation du circuit de Grenade, jugé dangereux ; l'organisation et l'UCI y sont opposées.
  • Abandons : Eddie Dunbar (clavicule gauche fracturée, opération), Matthew Riccitello et Chris Hamilton, tous trois sur chute samedi ; ils ne sont plus que 142 en course. Stefan Küng était parti dès vendredi préparer les Mondiaux au Canada.
  • Au Canada : Remco Evenepoel a gagné le GP de Québec vendredi devant Giulio Ciccone et Anthon Charmig ; le GP de Montréal (214,4 km) se court ce dimanche à partir de 16h15, heure française.
  • Côté pratique : réussir sa coupure de fin de saison (combien de temps, ce qu'on perd vraiment, comment reprendre) et s'entraîner après 35 ans, à l'heure où Landa gagne à 36 ans et Roglič termine deuxième d'un grand tour au même âge.
Le Résumé Long - Étape 20 | La Vuelta 26 (vidéo officielle)

Collado del Alguacil : Mikel Landa gagne à 36 ans, cinq ans après sa dernière victoire

L'étape reine de cette Vuelta avait été construite pour renverser un classement général : 186,8 kilomètres de La Calahorra au Collado del Alguacil, trois côtes de première catégorie, près de 5 000 mètres de dénivelé et une arrivée hors catégorie de 8 kilomètres à 9,8 % de moyenne, la pente la plus dure des trois semaines, rappelle PezCycling News. Elle a produit une course folle et une victoire que personne n'attendait plus.

La bagarre commence au kilomètre zéro. Wout van Aert attaque d'entrée avec Ivo Oliveira, puis se retrouve accompagné de six coureurs Uno-X Mobility, dont Andreas Leknessund et Tobias Halland Johannessen, de Pau Miquel, de Bryan Coquard et Louis Rouland, et de Finn Fisher-Black — un signal clair que Red Bull-BORA-hansgrohe n'avait pas renoncé, note IDL Pro Cycling. Derrière, un contre d'une trentaine de coureurs se forme sans jamais revenir. C'est dans cette phase qu'une chute lourde emporte Matthew Riccitello (Decathlon CMA CGM), dernier grimpeur d'appui de Felix Gall, et Chris Hamilton (Picnic PostNL), resté au sol : tous deux abandonnent.

La course explose très tôt, dès la première ascension de l'El Purche, à 82 kilomètres de l'arrivée. Sepp Kuss part le premier, Richard Carapaz le rejoint, Gall bascule à son tour et seuls Mas et Roglič peuvent suivre l'Autrichien. Oscar Onley, cinquième du général, lâche prise sous le sommet et perd gros dans la vallée : « j'ai perdu une dizaine de mètres au sommet du Monachil, lors du premier passage, et l'écart a ensuite explosé le temps que j'attende le groupe qui suivait », a-t-il expliqué sur le site officiel. Visma-Lease a Bike renvoie alors Matthew Brennan et Steven Kruijswijk pour épauler Kuss, qui repart et se construit un avantage de cinq minutes sur ses rivaux du général, relayé dans la vallée par Van Aert puis par Jørgen Nordhagen. Au sommet du même col, Van Aert prend d'ailleurs le maximum de points pour la deuxième fois, réveillant brièvement le suspense du maillot à pois.

Devant, Mikel Landa est le seul à réussir la jonction depuis le groupe de chasse. Ramses Debruyne le rejoint ensuite et passe immédiatement à l'offensive sur le Puerto del Duque : seuls Johannessen et le Basque tiennent la roue. Au pied de l'Alguacil, les trois hommes comptent plus de deux minutes d'avance et la victoire ne peut plus leur échapper. Landa attaque à 7 kilomètres du sommet, largue Debruyne immédiatement, puis Johannessen, et monte seul vers la ligne. À 36 ans, c'est sa première victoire depuis plus de cinq ans et seulement sa deuxième victoire d'étape sur la Vuelta ; il quittera Soudal Quick-Step à l'issue de la course. « Je ne m'y attendais pas, mais j'en rêvais. C'était ma dernière chance aujourd'hui et je ne voulais pas la laisser filer. J'ai pensé à mes enfants, je ne pouvais pas rentrer chez moi comme ça. Et si, un jour, ils voient cela et le comprennent, j'aimerais qu'ils sachent qu'il ne faut jamais baisser les bras », a-t-il dit, en larmes, sur lavuelta.es.

RangCoureurÉquipeTemps / écart
1Mikel LandaSoudal Quick-Step4h58'01''
2Tobias Halland JohannessenUno-X Mobility+47''
3Ramses DebruyneAlpecin-Premier Tech+1'27''
4Pau MiquelBahrain Victorious+3'00''
5Urko BerradeEquipo Kern Pharma+4'12''
6Jan HirtNSN Cycling Team+4'18''
7Jørgen NordhagenVisma-Lease a Bike+4'35''
8Sepp KussVisma-Lease a Bike+4'35''
9William CalzoniPinarello-Q36.5+4'48''
10Lorenzo FortunatoXDS Astana+4'53''

Classement officiel de la 20e étape (lavuelta.es), 142 classés. Bonifications : Landa 16'', Johannessen 8'', Debruyne 8''. Favoris du général : Gall 13e à 6'37'', Mas 14e à 6'54'', Roglič 15e à 7'32'', Carapaz 18e à 8'31'', Onley 19e à 10'19'', Omrzel 20e à 10'26'', Rodríguez 21e à 10'32'', Berthet 23e à 10'38'', Tejada 24e à 11'07'', Skjelmose 53e à 25'20''.

Mas verrouille sa Vuelta : Gall passe, Roglič craque, Kuss remonte à la cinquième place

Le duel annoncé entre le maillot rouge et Primož Roglič n'a jamais eu lieu. Sur l'Alguacil, Finn Fisher-Black puis Iván Romeo ont bien mené pour le Slovène, mais l'attaque attendue n'est pas venue : quand le dernier équipier s'est écarté, Roglič n'a pas bougé, et c'est Felix Gall qui a lancé la seule offensive dangereuse du groupe. Mas a d'abord suivi l'Autrichien avant de céder pour la première fois de la journée, sans jamais mettre son maillot en péril : il finit 14e à 6'54'', Gall 13e à 6'37'', Roglič 15e à 7'32''. Résultat : Gall reprend 17 secondes au leader et 55 à Roglič, Mas en reprend 38 au Slovène, et le classement général se resserre en tête sans changer d'ordre.

« C'est la première fois de ma vie que je ressens cela. Je suis heureux. Pour être honnête, je ne faisais que compter les kilomètres. Je me sentais super bien. L'équipe a encore fait un travail formidable. J'ai gagné parce que l'équipe a tout fait pour moi », a résumé le Majorquin de 31 ans sur lavuelta.es, à la veille d'un premier succès sur un grand tour après une longue série de places d'honneur. La journée aura aussi été celle de Sepp Kuss : parti à 82 kilomètres de l'arrivée, remorqué par Van Aert puis par Nordhagen, l'Américain gagne quatre places et passe de la onzième à la cinquième place du général. Richard Carapaz, lui, aura attaqué toute la journée sans parvenir à décrocher qui que ce soit — trois tentatives sur le Duque, toutes contrées par Mas, Roglič et Gall. Pour situer d'où partait ce classement, relisez notre article sur le contre-la-montre de Jerez et la présentation de Peñas Blancas.

RangCoureurÉquipeTemps / écartÉvolution
1Enric MasMovistar70h56'58''=
2Primož RogličRed Bull-BORA-hansgrohe+2'15''= (1'37'' après l'étape 18)
3Felix GallDecathlon CMA CGM+2'44''= (3'01'' après l'étape 18)
4Richard CarapazEF Education-EasyPost+6'54''=
5Sepp KussVisma-Lease a Bike+8'45''+6
6Oscar OnleyNetcompany Ineos+9'28''−1
7Jakob OmrzelBahrain Victorious+10'38''−1
8Clément BerthetGroupama-FDJ United+11'41''−1
9Cristián RodríguezXDS Astana+11'59''=
10Harold TejadaXDS Astana+14'40''=

Classement général au soir de la 20e étape, samedi 12 septembre 2026, calculé à partir des classements officiels de chaque étape et recoupé avec le général publié par Total Vélo. Suivent Guillaume Martin 11e à 22'03'', Léo Bisiaux 12e à 26'52'' et Mattias Skjelmose 13e à 27'32''. Maillots : Mas (rouge), Van Aert (vert), Buitrago (pois), Onley (blanc).

Winner's emotion - Stage 20 | La Vuelta 26 (vidéo officielle : l'émotion de Mikel Landa)

Peñas Blancas : Eddie Dunbar renverse Buitrago dans le dernier kilomètre… et abandonne le lendemain

La veille, vendredi 11 septembre, la plus longue étape de la Vuelta — 210,8 kilomètres de Vélez-Málaga à Peñas Blancas, avec le Puerto de las Abejas, le Puerto del Viento puis 18,7 kilomètres à 6,5 % pour finir — avait offert un scénario d'échappée. Steven Kruijswijk lance les hostilités sur le plat du bord de mer, mais c'est sur le Puerto del Viento qu'un groupe de seize coureurs prend le large, avec Santiago Buitrago, Eddie Dunbar, Thomas Gloag, Kevin Vermaerke, Pablo Castrillo, Chris Hamilton, Andreas Leknessund, Urko Berrade et Darren van Bekkum, détaille PezCycling News. À 95 kilomètres de l'arrivée, Richard Carapaz tente un coup de loin avec son coéquipier Darren Rafferty, rejoint par Jarno Widar, Léo Bisiaux, Jørgen Nordhagen, Guillaume Martin et Marco Brenner : Movistar referme méthodiquement, et l'échappée se retrouve avec plus de sept minutes au pied de la dernière montée.

Rudy Molard ouvre les hostilités, puis Buitrago attaque à un peu plus de 13 kilomètres du sommet et fait exploser le groupe. Seul Gloag suit ; Dunbar doit revenir à sa main, Berrade aussi. À 2 kilomètres, le Colombien repart et compte une dizaine de secondes d'avance : la victoire semble faite. Mais l'Irlandais grignote mètre par mètre dans le dernier kilomètre, recolle à 500 mètres, ne s'arrête pas à la roue et passe immédiatement. « Cette année, j'ai été arrêté pendant trois mois sans toucher au vélo après un accident. Je ne pensais vraiment pas être ici, ni même jouer la victoire d'étape », a raconté Dunbar sur le site de la course, en soulignant le rôle de ses deux coéquipiers dans l'échappée : « la présence de Tom [Gloag] dans le final a fait toute la différence. J'avais même dit à Tom qu'il allait gagner aujourd'hui. » Buitrago, deuxième comme à la Sierra de la Pandera, n'a pas caché sa déception : « Quand j'ai attaqué, j'étais en pleine confiance, je n'ai même pas regardé derrière moi. Et quand j'ai vu l'ombre de Dunbar foncer sur moi, j'ai sombré ». Chez les favoris, Jakob Omrzel a placé une accélération dans le dernier kilomètre, Gall a répondu et gagné le sprint du groupe, mais les cinq premiers du général sont arrivés dans le même temps, à 5'11''. « C'était sympa, c'était une vraie guerre. Nous avions toujours quelqu'un avec moi, donc je pense que nous avions tout sous contrôle », commentait Mas sur lavuelta.es, pendant qu'Oscar Onley, imperturbable, assurait : « J'étais concentré sur moi-même ».

La suite est cruelle. Vingt-quatre heures après le plus beau jour de sa saison, Eddie Dunbar est tombé dans la 20e étape et a dû abandonner. Sa chute n'a pas été filmée, mais il est retombé lourdement sur l'épaule, précise CyclingUpToDate ; son équipe a ensuite confirmé une fracture de la clavicule gauche nécessitant une opération, rapporte The Irish Times. Le peloton avait déjà perdu Stefan Küng, vainqueur du chrono de Jerez, qui n'a pas pris le départ de la 19e étape pour aller préparer les Mondiaux au Canada, ainsi que Yevgeniy Fedorov, puis Paul Double en cours d'étape. Ils étaient 148 au départ du chrono de Jerez, ils ne sont plus que 142 avant Grenade.

RangCoureurÉquipeTemps / écart
1Eddie DunbarPinarello-Q36.55h00'54''
2Santiago BuitragoBahrain Victorious+14''
3Thomas GloagPinarello-Q36.5+23''
4Urko BerradeEquipo Kern Pharma+44''
5Marc CamprubíPinarello-Q36.5+1'44''
6Andreas LeknessundUno-X Mobility+2'01''
7Guillaume MartinGroupama-FDJ United+2'11''
8Chris HamiltonPicnic PostNL+2'39''
9Kevin VermaerkeUAE Team Emirates-XRG+3'03''
10Samuel SamitierCofidis+3'17''

Classement officiel de la 19e étape (lavuelta.es), 145 classés. Pinarello-Q36.5 place trois coureurs dans les cinq premiers. Bonifications : Dunbar 10'', Buitrago 6'', Gloag 4'' à l'arrivée ; Vermaerke 6'', Martin 4'', Molard 2'' au sprint intermédiaire. Les favoris (Gall, Carapaz, Roglič, Onley, Mas) arrivent groupés à 5'11'', Omrzel à 5'17'', Berthet à 5'21''.

Last Km - Stage 19 | La Vuelta 26 (vidéo officielle : le dernier kilomètre à Peñas Blancas)

Étape 21 dimanche : 112 km à Grenade, quatre montées vers l'Alhambra et un débat sur la sécurité

Pour la première fois depuis longtemps, la Vuelta ne se termine pas à Madrid. La raison n'a rien à voir avec les manifestations qui avaient forcé l'annulation de la dernière étape en 2025 : la capitale accueille ce week-end une épreuve de Formule 1 dans ses rues, et la course a donc déplacé son épilogue en Andalousie, à Grenade. Selon le livre de route officiel, l'étape fait 112 kilomètres, avec un départ neutralisé à 16h20 depuis un Carrefour de la périphérie, le kilomètre zéro à 16h23 sur la N-323a, et une arrivée prévue entre 19h06 (à 40 km/h) et 19h24 (à 36 km/h) sur le Paseo del Salón. Heure locale et heure française sont identiques.

La première moitié du parcours est une boucle plate dans la vega de Grenade, par Armilla, La Zubia, Otura, Alhendín, Las Gabias, Santa Fe et Atarfe. Le vrai enjeu commence au kilomètre 70,2, au premier des cinq passages sur la ligne : la course entre alors dans un circuit urbain d'environ 12 kilomètres qui monte vers le Paseo del Generalife, à l'extérieur de l'Alhambra, avant de redescendre par le Camino de Ronda. La difficulté, longue d'environ deux kilomètres à 6,5-7 % de moyenne et en partie pavée selon Vélofûté, est franchie quatre fois ; le sprint intermédiaire est placé au troisième passage sur la ligne, à 19,6 kilomètres de l'arrivée, et le dernier sommet à un peu plus de sept kilomètres du but. La comparaison avec le circuit de Montmartre sur le Tour est évidente, note IDL Pro Cycling : très technique, tournant sans arrêt à gauche et à droite. Point important, l'arrivée devait initialement être jugée au sommet de la montée de l'Alhambra ; Unipublic l'a finalement redescendue au pied, ce qui avantage nettement les sprinteurs résistants au détriment des puncheurs.

Reste une inconnue de taille. Le journaliste espagnol Daniel Miranda, du quotidien AS, a rapporté que les équipes jugent le circuit de Grenade trop dangereux et que plus de la moitié d'entre elles ont voté en faveur d'une neutralisation des temps, indique IDL Pro Cycling ; l'organisation et l'UCI y sont opposées et souhaitent que l'étape se dispute normalement, la décision devant être prise après la 20e étape. En cas de neutralisation, le classement général serait figé et la dernière étape deviendrait une parade, la victoire d'étape restant en jeu. Côté favoris, Wout van Aert part avec les faveurs des pronostics — ce serait sa troisième victoire sur cette Vuelta — devant son coéquipier Matthew Brennan, qui en compte déjà cinq, Alessandro Romele, Magnus Cort, Axel Laurance, Thibau Nys, Bryan Coquard, Bastien Tronchon, Vincenzo Albanese, Vito Braet, Léo Bisiaux et Jordi Meeus. Richard Carapaz est le seul homme du général susceptible d'en faire une affaire personnelle. La météo annonce environ 32 °C, sans vent ni pluie notables.

Km parcourusPoint de passage (étape 21, Grenade)Horaire estimé (38 km/h)
Départ neutralisé, Carrefour Granada16h20
0Kilomètre zéro, N-323a direction Armilla16h23
18La Zubia16h50
30,8Otura17h10
45Cúllar Vega17h29
57,7Atarfe, retour vers Grenade17h47
70,2Premier passage sur la ligne (Paseo del Salón)18h07
82,6Deuxième passage sur la ligne18h27
92,4Troisième passage — sprint intermédiaire18h43
102,2Quatrième passage sur la ligne18h59
104Dernier passage au Paseo del Generalife (Alhambra)19h04
112Arrivée, Paseo del Salón (cinquième passage)19h15

Horaires du livre de route officiel, colonne 38 km/h ; l'arrivée est annoncée à 19h06 en cas de course rapide (40 km/h) et à 19h24 en cas de course lente (36 km/h). Heure locale espagnole = heure française. Ces horaires deviennent caducs si les équipes obtiennent la neutralisation de l'étape.

En bref : Evenepoel s'impose au Québec, Montréal ce dimanche, et les quatre maillots déjà attribués

Pendant que la Vuelta jouait ses derniers cols, le peloton des classiques était au Canada. Vendredi 11 septembre, Remco Evenepoel (Red Bull-BORA-hansgrohe) a remporté le Grand Prix cycliste de Québec, 206 kilomètres en vingt tours d'un circuit de 10,3 kilomètres rythmé par la Côte de la Montagne et ses passages à plus de 10 %. Le Belge est sorti à une trentaine de kilomètres du but avec Giulio Ciccone et Anthon Charmig, a lâché le Danois dans la dernière ascension et a réglé l'Italien au sprint, détaille Dicodusport. Paul Seixas, très actif à plus de 40 kilomètres de l'arrivée, n'a pas pu suivre l'accélération décisive. C'est la 78e victoire professionnelle d'Evenepoel et la première en Amérique du Nord.

Le Grand Prix cycliste de Montréal ferme le week-end canadien ce dimanche 13 septembre : seize tours d'un circuit de 13,4 kilomètres, soit 214,4 kilomètres et 4 304 mètres de dénivelé, avec la Voie Camillien-Houde (1,9 km à 7,1 %) comme juge de paix, à partir de 16h15 heure française pour une arrivée vers 21h45, indique 3bikes. Evenepoel y est le grand favori du doublé, devant Paul Seixas, Tom Pidcock, Matteo Jorgenson, Giulio Ciccone, Quinn Simmons et Isaac Del Toro. L'épreuve fait office de répétition générale avant des Mondiaux disputés eux aussi au Canada — c'est d'ailleurs pour les préparer que Stefan Küng a quitté la Vuelta au lendemain de sa victoire à Jerez.

Sur la Vuelta, trois des quatre maillots distinctifs sont déjà réglés en plus du rouge. Wout van Aert s'assure le vert. Santiago Buitrago a mathématiquement gagné le maillot à pois, mais il a eu chaud : « Sans aucun doute, Wout représentait une menace. S'il y avait quelqu'un capable de me ravir le maillot, c'était bien lui. C'est pourquoi j'ai toujours dit que l'avance aux points ne suffisait jamais. Aujourd'hui, j'ai vraiment eu peur », a-t-il confié sur lavuelta.es après une journée où il s'est dit « complètement vidé ». Oscar Onley conserve le blanc du meilleur jeune malgré sa journée difficile, en remerciant longuement ses équipiers de Netcompany Ineos.

RangCoureurÉquipeTemps / écart
1Remco EvenepoelRed Bull-BORA-hansgrohe4h40'21''
2Giulio CicconeLidl-Trekmême temps
3Anthon CharmigUno-X Mobility+15''
4Tom PidcockPinarello-Q36.5+28''
5Quinn SimmonsLidl-Trek+30''

Grand Prix cycliste de Québec, vendredi 11 septembre 2026, 206 km. Michael Matthews, Paul Lapeira, Matteo Jorgenson et Maximilian Schachmann figurent également dans le top 10. Source : Dicodusport, classement officiel.

Côté pratique : réussir sa coupure de fin de saison (et savoir ce qu'on perd vraiment)

La dernière étape de Grenade referme la saison des grands tours. Pour la plupart des cyclistes amateurs français, mi-septembre marque aussi la fin des objectifs : la dernière cyclosportive est passée, les journées raccourcissent, la motivation baisse. C'est le moment de la coupure — et c'est souvent le moment où l'on fait n'importe quoi, soit en s'arrêtant deux mois d'un coup, soit en refusant de s'arrêter du tout par peur de « tout perdre ».

Ce que dit la physiologie est assez rassurant à court terme et assez sévère à moyen terme. Les premiers jours d'arrêt total, ce n'est pas le muscle qui bouge, c'est le sang : le volume plasmatique chute d'environ 5 à 10 % dans la première semaine, ce qui suffit à faire baisser le débit cardiaque et donc la performance, sans que la capacité musculaire ait changé. Deux semaines d'inactivité complète suffisent ensuite à provoquer une baisse mesurable de la VO2max, rappelle Doc du Sport ; chez des athlètes très entraînés, on observe des pertes de l'ordre de 6 à 20 % entre deux et quatre semaines d'arrêt complet, et le déconditionnement continue de s'aggraver pendant environ huit semaines. Autrement dit : une à deux semaines sans vélo ne coûtent presque rien et rapportent beaucoup ; six semaines de canapé coûtent un hiver entier.

La solution utilisée par les professionnels, et parfaitement transposable, tient en deux temps. D'abord une vraie coupure : sept à quatorze jours sans vélo structuré, sans capteur, sans objectif — c'est le moment de laisser cicatriser les tendons, de dormir, de reprendre les repas décalés et de faire autre chose. Ensuite une période de transition de trois à six semaines, à volume très réduit et à intensité basse, mais avec une exception : garder une séance hebdomadaire contenant quelques sprints courts. Une étude menée sur des cyclistes d'élite pendant leur période de transition a montré qu'ajouter des sprints à une seule séance légère par semaine limite nettement la perte des qualités, sans ajouter de fatigue (Almquist et coll., 2020). Pratiquement : une sortie d'une heure trente en endurance, avec cinq à huit sprints de dix secondes, une fois par semaine, suffit à protéger l'essentiel.

Durée sans véloCe qui se passe dans le corpsCe qu'il faut faire
3 à 7 joursBaisse du volume plasmatique (5-10 %), fatigue résiduelle qui s'évacue, inflammation qui redescend. Aucune perte musculaire.Rien. Dormir, marcher, manger normalement. C'est la partie utile de la coupure.
7 à 14 joursPremiers signes mesurables sur la VO2max, sensation de « jambes lourdes » à la reprise (normale et transitoire).Reprise possible : deux ou trois sorties courtes en endurance, sans montre si possible.
2 à 4 semainesBaisse de la VO2max pouvant atteindre 6 à 20 % chez un cycliste très entraîné. La force maximale, elle, tient encore bien.Passer en transition : 40 à 60 % du volume habituel, intensité basse, une séance avec sprints courts par semaine.
4 à 8 semainesLe déconditionnement s'aggrave progressivement ; perte d'économie de pédalage et de tolérance à la position.Reconstruire sur 8 à 12 semaines. Ne pas chercher à retrouver ses valeurs de septembre avant le printemps.
Plus de 8 semainesRetour proche du niveau d'un cycliste non entraîné sur le plan cardio-respiratoire, même si la « mémoire » de l'entraînement accélère la reconstruction.Reprendre comme un débutant : volume d'abord, intensité ensuite, et bilan médical si l'arrêt était lié à une blessure.

Ordres de grandeur issus de la littérature sur le désentraînement ; la variabilité individuelle est importante. En cas d'arrêt lié à une blessure, une maladie ou un épisode de fatigue prolongée, l'avis d'un médecin du sport prime sur tout plan de reprise.

Trois erreurs reviennent chaque automne. La première : reprendre à fond au huitième jour pour « rattraper », alors que les sensations sont artificiellement mauvaises à cause du volume plasmatique et non d'une perte de forme. La deuxième : couper le vélo et couper aussi tout mouvement, alors que la marche, la course légère, la natation ou la musculation entretiennent la structure sans coûter de fraîcheur — c'est aussi la meilleure fenêtre de l'année pour commencer une vraie préparation générale. La troisième : ne pas faire le bilan. Une coupure, c'est le moment idéal pour relire sa saison, refaire un test de FTP de référence avant l'arrêt plutôt qu'après, réviser sa répartition des zones d'entraînement pour l'année suivante, installer son home-trainer avant les premières pluies et passer son vélo à la routine d'entretien hivernale. Et si vous avez du mal à vous arrêter, relisez nos cinq erreurs classiques de récupération : la coupure en fait partie.

Côté pratique : rouler fort après 35 ans, ce que l'âge change (et ce qu'il ne change pas)

Mikel Landa a 36 ans. Primož Roglič aussi, et il terminera deuxième d'un grand tour dimanche. Sur l'Alguacil, le Basque a lâché un Norvégien de 26 ans et un Belge de 22. Ce n'est pas une anomalie : c'est ce que dit la recherche sur les athlètes d'endurance vétérans, et c'est une bonne nouvelle pour tous les cyclotouristes et cyclosportifs qui se demandent, chaque automne, s'ils ont passé leur pic.

Le résumé de la littérature est le suivant. La performance d'endurance se maintient largement jusque vers 35 ans, décline modestement jusqu'à 50-60 ans, puis plus nettement ensuite. Mais surtout : l'ampleur de ce déclin dépend beaucoup moins de l'âge que du maintien de l'entraînement. Les suivis longitudinaux d'athlètes masters montrent des baisses de VO2max allant de 5 % à 46 % par décennie ; les sujets qui ont conservé un volume d'entraînement proche du leur ne perdent que 5 à 6,5 % par décennie (Trappe et coll., 2022). L'essentiel de ce que l'on attribue à l'âge est donc, en réalité, une baisse de volume et d'intensité — et cette partie-là est réversible.

Ce qui change vraiment, c'est le rapport entre stimulus et récupération. Après 35-40 ans, la même séance coûte plus cher et se digère plus lentement, la masse musculaire décroît naturellement, et la puissance neuromusculaire (le sprint, la relance) part avant l'endurance. Les recommandations pratiques qui en découlent sont assez consensuelles chez les entraîneurs, comme le résume CycleCoach : ne pas sacrifier l'intensité quand on réduit le volume, plafonner à deux séances vraiment dures par semaine, ajouter un jour de récupération complet par rapport à un plan « jeune », et intégrer une vraie séance de renforcement musculaire toute l'année plutôt que seulement l'hiver. On peut réduire son volume hebdomadaire de 20 à 30 % sans perdre de performance à condition de conserver les séances qualitatives — c'est exactement le compromis que fait un cycliste de 45 ans qui travaille.

JourSéance type (masters, 7 à 9 h hebdomadaires)Erreur fréquente à éviter
LundiRepos complet.Faire une « petite heure de décrassage » qui n'en est pas une.
MardiSéance dure n°1 : 4 à 5 × 4 min à 105-115 % de la FTP, récupération 4 min.Partir trop vite sur la première répétition et saborder les trois suivantes.
MercrediEndurance 1 h à 1 h 30, très facile, ou marche/natation.Transformer la sortie facile en zone intermédiaire inutile.
JeudiRenforcement musculaire (30-45 min : squats, fentes, gainage, monopodal).Sauter la musculation dès que l'agenda se remplit : c'est elle qui protège la puissance.
VendrediRepos ou 45 min de récupération active.Ajouter une troisième séance dure « parce qu'on se sent bien ».
SamediSéance dure n°2 : bosses au seuil (2 à 3 × 10-12 min) ou sortie en groupe assumée comme telle.Compter la sortie en groupe comme de l'endurance alors qu'elle est intense.
DimancheSortie longue 2 h 30 à 4 h en endurance, alimentation régulière.Rouler à jeun « pour maigrir » et compromettre la récupération de la semaine.

Trame indicative, à adapter à votre historique et à votre vie. Deux séances dures maximum par semaine, le reste vraiment facile. Après 40 ans, ou après une longue interruption, un bilan médical avec épreuve d'effort avant de reprendre l'intensité est vivement recommandé. Toute douleur thoracique, tout essoufflement anormal ou tout malaise à l'effort impose l'arrêt immédiat et un avis médical.

Deux leviers complètent le tableau. Le sommeil d'abord : c'est la variable qui se dégrade le plus avec l'âge et celle qui pèse le plus sur la tolérance à l'entraînement — nos repères sur la récupération du cycliste et sur la récupération active après une sortie longue s'appliquent d'autant plus après 40 ans. L'alimentation ensuite : la capacité à absorber des glucides à l'effort ne diminue pas avec l'âge, mais beaucoup de cyclistes vétérans s'alimentent comme il y a vingt ans, avec deux barres pour cinq heures. Reprendre les repères de nutrition pendant l'effort change souvent plus de choses qu'un nouveau plan d'entraînement. Enfin, si votre objectif de l'an prochain est un col ou une cyclosportive de montagne, nos conseils pour progresser en grimpeur restent valables à tout âge : ce sont les mêmes principes, avec un jour de récupération en plus.

Questions fréquentes

Qui a gagné la Vuelta 2026 ?

Enric Mas (Movistar) s'est assuré la victoire finale au terme de la 20e étape, samedi 12 septembre, en conservant 2'15'' d'avance sur Primož Roglič et 2'44'' sur Felix Gall. Sauf incident sur la dernière étape de dimanche à Grenade, le Majorquin de 31 ans remportera son premier grand tour, après une carrière marquée par de nombreuses places d'honneur. Il est le premier Espagnol à gagner la Vuelta depuis Alberto Contador en 2014.

Quel est le classement général de la Vuelta 2026 avant la dernière étape ?

Enric Mas totalise 70h56'58'' après vingt étapes. Suivent Primož Roglič à 2'15'', Felix Gall à 2'44'', Richard Carapaz à 6'54'', Sepp Kuss à 8'45'', Oscar Onley à 9'28'', Jakob Omrzel à 10'38'', Clément Berthet à 11'41'', Cristián Rodríguez à 11'59'' et Harold Tejada à 14'40''.

À quelle heure part la 21e étape de la Vuelta 2026 à Grenade ?

Départ neutralisé à 16h20, kilomètre zéro à 16h23, heure française. L'arrivée sur le Paseo del Salón est attendue entre 19h06 et 19h24 selon la vitesse de course, après 112 kilomètres dont un circuit final parcouru quatre fois. Le sprint intermédiaire est jugé au troisième passage sur la ligne, à 19,6 kilomètres de l'arrivée.

Pourquoi la Vuelta ne se termine-t-elle pas à Madrid cette année ?

Parce qu'une épreuve de Formule 1 se dispute ce week-end dans les rues de Madrid, ce qui rendait impossible l'organisation de l'arrivée traditionnelle. L'organisation a choisi Grenade et un circuit passant quatre fois au pied de l'Alhambra. Ce déplacement n'a aucun rapport avec les manifestations qui avaient conduit à l'annulation de la dernière étape en 2025.

Pourquoi Eddie Dunbar a-t-il abandonné le lendemain de sa victoire ?

L'Irlandais est tombé pendant la 20e étape, le samedi 12 septembre, moins de vingt-quatre heures après son succès à Peñas Blancas. Sa chute n'a pas été filmée, mais il est retombé lourdement sur l'épaule ; son équipe a confirmé une fracture de la clavicule gauche nécessitant une intervention chirurgicale. Deux autres coureurs, Matthew Riccitello et Chris Hamilton, ont abandonné le même jour après une chute à haute vitesse.

Combien de temps faut-il couper à la fin de la saison cycliste ?

Une à deux semaines sans vélo structuré, puis trois à six semaines de transition à volume réduit et intensité basse. Sept à quatorze jours d'arrêt ne font perdre presque aucune qualité durable — l'essentiel de la baisse de sensations vient de la chute du volume plasmatique, réversible en quelques sorties. En revanche, au-delà de quatre semaines d'inactivité complète, la VO2max peut reculer de 6 à 20 % chez un cycliste bien entraîné, et le déconditionnement continue jusqu'à environ huit semaines.

Faut-il vraiment arrêter complètement le vélo pendant la coupure ?

Non, et c'est même contre-productif au-delà de quelques jours. La formule la plus efficace consiste à s'arrêter réellement une semaine, puis à conserver une seule séance hebdomadaire facile contenant quelques sprints courts de dix secondes : chez des cyclistes d'élite en période de transition, cette simple précaution limite nettement la perte des qualités sans générer de fatigue. Marche, course légère, natation et renforcement musculaire complètent utilement cette période.

Perd-on forcément sa forme à vélo après 35 ans ?

Pas dans les proportions que l'on croit. La performance d'endurance se maintient largement jusque vers 35 ans et ne décline que modestement jusqu'à 50-60 ans. Les études longitudinales sur les athlètes masters montrent que ceux qui conservent leur volume d'entraînement ne perdent que 5 à 6,5 % de VO2max par décennie, contre jusqu'à 46 % pour ceux qui réduisent fortement. Ce qui change réellement, c'est la vitesse de récupération : deux séances dures par semaine au maximum, un jour de repos supplémentaire et une séance de renforcement musculaire régulière suffisent à compenser l'essentiel.

Que valent les Grands Prix de Québec et de Montréal avant les Mondiaux ?

Ce sont les deux seules épreuves du World Tour disputées en Amérique du Nord, sur des circuits urbains exigeants — 20 tours de 10,3 km à Québec, 16 tours de 13,4 km et 4 304 mètres de dénivelé à Montréal. En 2026, elles servent de répétition générale aux championnats du monde organisés au Canada, ce qui explique la présence de nombreux favoris et le départ anticipé de plusieurs coureurs de la Vuelta, dont Stefan Küng.