Wout van Aert a remporté la 15e étape de la Vuelta 2026, dimanche 6 septembre à Cordoue, au terme d'une étape amputée de 79,5 kilomètres par le protocole températures extrêmes : 110,2 km au lieu de 189,7, une première dans l'histoire moderne du Tour d'Espagne. Le Belge de Visma-Lease a Bike s'est glissé dans une échappée de cinq coureurs à 30 kilomètres de l'arrivée, en profitant du sprint intermédiaire de Santa María de Trassierra, a assuré l'essentiel des relais puis a réglé au sprint Alessandro Romele (XDS Astana) et son compatriote Thibau Nys (Lidl-Trek), qui avait lancé de loin. C'est sa deuxième victoire en trois jours après Loja, sa cinquième sur la Vuelta, et sa deuxième à Cordoue après 2024. Le classement général n'a pas bougé : Enric Mas aborde la journée de repos de ce lundi 7 septembre avec 2'06'' d'avance sur Felix Gall et 2'10'' sur Primož Roglič. Aucun abandon n'a été enregistré malgré 44 °C relevés sur les thermomètres de Cordoue. Voici le bilan de la 15e étape, celui de la deuxième semaine, et le programme des six dernières étapes jusqu'à Grenade.

  • Vuelta, étape 15 : Wout van Aert (Visma-Lease a Bike) s'impose à Cordoue en 2h35'00'' devant Alessandro Romele et Thibau Nys, même temps ; Ramses Debruyne et Andreas Leknessund à 2''. Bastien Tronchon 7e à 58'', premier Français.
  • Le film : douze échappés tenus à moins d'une minute et demie par Visma et Cofidis, raid de Leknessund dans le Puerto Artafi, attaque de Van Aert au sprint intermédiaire à 31 km de l'arrivée, cinq hommes devant, neuf contre-attaquants à 45'', peloton des favoris à 2'44''.
  • Le général : inchangé. Mas 52h05'56'', Gall +2'06'', Roglič +2'10'', Carapaz +4'24'', Onley +5'44'', Omrzel +6'14'', Skjelmose +6'49'', Rodríguez +7'01'', Berthet +7'19'', Kuss +8'55''.
  • Maillots : Mas rouge, Van Aert vert (267 points, 108 d'avance sur Brennan), Buitrago à pois (29 points d'avance), Onley blanc.
  • Chaleur : 38 °C au départ fictif de Palma del Río à 14h50, 44 °C à l'arrivée, 41 °C de moyenne sur le compteur de Matthew Brennan. Le raccourcissement avait été proposé par les coureurs eux-mêmes, selon le directeur de course Javier Guillén. 150 classés, aucun abandon.
  • Repos ce lundi 7 septembre, reprise mardi 8 : étape 16 Cortegana → La Rábida (181,1 km, accidentée, départ 13h05, arrivée vers 17h19), puis Séville mercredi, le contre-la-montre de Jerez (32,1 km) jeudi, Peñas Blancas vendredi, le Collado del Alguacil (8,3 km à 9,8 %) samedi et Grenade dimanche 13 septembre.
  • En bref : Tim Wellens remporte le Tour of Britain, dernière étape à Nils Politt ; Tom Pidcock gagne le GP Industria & Artigianato ; Mathias Vacek le ZLM Tour ; Baptiste Vadic le Tour d'Istanbul.
  • Côté pratique : ce que les pros font (et ne font pas) un jour de repos, transposé à votre séjour vélo ou votre cyclosportive par étapes ; et la leçon tactique de Van Aert : attaquer quand tout le monde relâche.
Le Résumé Long - Étape 15 | La Vuelta 26 (vidéo officielle)

Le film de la 15e étape : 110 kilomètres à bloc, le raid de Leknessund et le coup de Van Aert au sprint intermédiaire

La journée avait changé de visage dès le samedi soir. Sur proposition des coureurs, rapporte Javier Guillén dans Cyclingnews, l'organisation a activé le protocole conditions météorologiques extrêmes et publié un communiqué : bifurcation au kilomètre 52 vers Santa María de Trassierra, suppression de l'Alto de Villaviciosa, 110,2 kilomètres au lieu de 189,7, départ fictif repoussé à 14h50. Une première dans l'histoire moderne de la Vuelta, et un pari sur l'intensité : « Ça va être encore plus intense, car tout le monde va se dire que c'est court et que demain c'est repos », prévenait Bastien Tronchon au départ de Palma del Río, cité par le compte rendu officiel. Il faisait 38 °C sur la ligne de départ.

Enzo Paleni (Groupama-FDJ United) attaque dès les premiers mètres, est repris, puis sort pour de bon au kilomètre 9. Dix hommes le rejoignent : Frederik Wandahl, Ivo Oliveira, Xabier Azparren, Ethan Hayter, Andreas Leknessund, Rudy Porter, Alastair Mackellar, Fabian Weiss, Reuben Thompson et Gijs Leemreize. Mais Visma-Lease a Bike, absente du coup, refuse de laisser filer : associée à Cofidis, qui rêve d'un sprint réduit pour Bryan Coquard, elle bloque l'écart à 1'17'' au kilomètre 20, puis le ramène à une vingtaine de secondes dans le Puerto de la Forestal (6,7 km à 4,1 %, km 34,5), où Leemreize passe en tête. Georg Steinhauser (EF Education-EasyPost) profite de la montée pour faire la jonction au kilomètre 39. Douze devant, trente secondes de marge à 50 kilomètres de l'arrivée : l'échappée n'a jamais eu de vraie liberté.

Azparren et Weiss s'isolent dans une descente technique, Thompson et Leknessund les reprennent au pied du Puerto Artafi (5,9 km à 5,5 %). Le Norvégien d'Uno-X, déjà vainqueur à Aramón Valdelinares, se retrouve seul à 39 kilomètres du but, tandis que Coquard lâche prise derrière. Ramses Debruyne (Alpecin-Premier Tech) le rejoint six kilomètres plus loin, et les deux hommes abordent ensemble le sprint intermédiaire de Santa María de Trassierra (km 78,9), que Debruyne remporte pour six secondes de bonification. Derrière eux, le peloton est à une vingtaine de secondes. Tout laisse croire à un regroupement.

C'est là que Van Aert renverse la course. Quatrième au passage du sprint intermédiaire, il ne se relève pas : « J'ai senti le moment propice au sprint intermédiaire. Et avec Matthew [Brennan] derrière, il n'y avait aucun risque à tenter le coup, car on avait toujours une bonne option dans le peloton. C'est comme ça que j'aime courir », explique-t-il dans ses déclarations officielles. Romele et Nys réagissent aussitôt. Ils sont cinq devant à 30 kilomètres de l'arrivée, et le peloton, désormais sans motif de rouler puisque Visma a un coureur devant et un derrière, ralentit. Neuf coureurs partent en contre, Kevin Vermaerke, Ivo Oliveira, Tobias Halland Johannessen, Stefan Küng, Urko Berrade, Alessandro Covi, Ed Dunbar, Henok Mulubrhan et Leemreize, puis Paleni et Tronchon tentent à leur tour. Personne ne reviendra : 45 secondes à 21 kilomètres, autant à 15, d'après ProCyclingUK.

5 men in front - Stage 15 | La Vuelta 26 (vidéo officielle)

Dans le final, la coopération s'effrite comme prévu. Debruyne teste le groupe, Nys attaque à trois kilomètres avec Debruyne dans sa roue, Van Aert ferme. Leknessund contre, une fois, deux fois : « Je pense que Leknessund a pris un risque pour son coéquipier qui était à l'arrière. On s'attendait un peu à une attaque de sa part. Elle a commencé assez tard, alors dans les derniers kilomètres, je voulais juste rester groupé et m'assurer que ce soit un sprint. » Sous la flamme rouge, Van Aert mène, Romele dans sa roue. Nys lance de très loin, à 300 mètres selon l'organisation, prend quelques longueurs, mais le maillot vert reste calme, revient et le déborde dans les derniers mètres. Romele grille Nys pour la deuxième place. Debruyne et Leknessund concèdent deux secondes, le groupe Covi-Tronchon 58 secondes, le peloton des favoris 2'44''.

Classement de la 15e étape de la Vuelta 2026 (Palma del Río - Cordoue, 110,2 km)

PlaceCoureurÉquipeTemps / écart
1Wout van AertVisma-Lease a Bike2h35'00''
2Alessandro RomeleXDS Astanam.t.
3Thibau NysLidl-Trekm.t.
4Ramses DebruyneAlpecin-Premier Tech+ 2''
5Andreas LeknessundUno-X Mobility+ 2''
6Alessandro CoviJayco AlUla+ 58''
7Bastien TronchonGroupama-FDJ United+ 58''
8Henok MulubrhanXDS Astana+ 58''
9Stefan KüngTudor Pro Cycling+ 58''
10Ivo OliveiraUAE Team Emirates-XRG+ 58''

Source : classement officiel lavuelta.es. Bonifications à l'arrivée : 10'' Van Aert, 6'' Romele, 4'' Nys. Kevin Vermaerke 18e à 1'03'', Enzo Paleni 19e à 1'05'', Matthew Brennan 24e à 1'47'', peloton des favoris (Mas, Gall, Roglič, Carapaz, Onley) à 2'44''. 150 coureurs classés, aucun abandon.

Vingt-quatre heures après la Pandera, le peloton a donc franchi une deuxième journée andalouse sans perdre un seul coureur, ce qui n'était pas gagné d'avance au vu des malaises rapportés les jours précédents. Bastien Tronchon, 7e, signe la meilleure place française en réglant le groupe des contre-attaquants ; Paleni, à l'origine de l'échappée, termine 19e. Le maillot vert est quasiment plié : d'après le décompte de Domestique, Van Aert compte 267 points contre 159 à Brennan, soit 108 d'avance à six étapes de la fin, et Romele est le seul coureur hors Visma sur le podium de ce classement.

Réactions : Van Aert « c'est comme ça que j'aime courir », Mas « presque tout sous contrôle », Brennan « qu'est-ce qu'on fait ? »

Wout van Aert, invaincu à Cordoue en deux visites, a d'abord plaisanté : « Peut-être que je ne devrais jamais revenir, car je ne peux pas rester invaincu ici ! Mais peut-être que je viendrai pour les vacances. » Sur le fond, il insiste sur le collectif : « On a essayé de surprendre le peloton. On a contrôlé la course toute la journée et on était toujours là, avec quelques bons coureurs pour nous épauler. Mais je savais que personne ne s'attendrait à ce qu'on attaque. [...] Notre performance sur La Vuelta 26 est vraiment incroyable. La plupart des jours où nous pensions pouvoir gagner, nous avons effectivement gagné » (lavuelta.es). Visma en est à cinq succès d'étape sur quinze : trois pour Brennan, deux pour Van Aert.

Enric Mas reconnaît que le scénario a échappé à Movistar sans le mettre en danger : « L'un de nos plans était de laisser l'échappée se former et de laisser Visma et Cofidis gérer la course jusqu'à l'arrivée. C'était sans compter sur l'attaque de Wout au sprint intermédiaire. Tout ne s'est pas déroulé comme prévu depuis dimanche dernier, mais presque tout est resté sous contrôle, donc je suis content. [...] J'espère que ça continuera comme ça jusqu'à Grenade » (réaction officielle). Oscar Onley, maillot blanc, regarde déjà la dernière semaine : « Il y a deux étapes plus faciles pour commencer ; et puis à partir du contre-la-montre, ça va être dur. J'essaie de retrouver le niveau que j'avais la semaine dernière au même moment. Pour l'instant, on essaie juste de récupérer au mieux » (lavuelta.es). Santiago Buitrago, lui, sait que ses 29 points d'avance au classement de la montagne ne suffisent pas : « Ce n'est jamais assez, vu tout ce qu'il reste. Il y a deux étapes cruciales dans cette Vuelta, celle de samedi attribuant près de 50 points » (lavuelta.es).

La parole la plus forte est venue de Matthew Brennan, à l'arrivée, compteur à la main : 41 °C de moyenne sur l'étape, 44 °C dans la première montée. « À ce moment-là, tu commences à te demander : qu'est-ce qu'on fait ? [...] Ça ne me surprendrait pas qu'il y ait quelques corps qui rentrent en ambulance ce soir avec un coup de chaleur », a-t-il déclaré à Eurosport, propos repris par Cyclingnews. Tobias Halland Johannessen raconte de son côté une consigne inédite : « C'est la première fois de ma vie qu'on était assis dans le bus et que le directeur sportif nous a dit de ne rien faire. Rester dans le peloton, ne griller aucune allumette, parce que pour notre santé, ce n'est pas bon d'être à fond dans cette chaleur » (Cyclingnews). Le débat sur le calendrier andalou de septembre, relancé par Bryan Coquard qui évoque un échange de dates entre Giro et Vuelta, n'est pas près de se refermer.

Last Km - Stage 15 | La Vuelta 26 (vidéo officielle)

Classement général après 15 étapes et bilan de la deuxième semaine : Mas solide, Roglič en recul, Visma partout

PlaceCoureurÉquipeTemps / écart
1Enric MasMovistar52h05'56''
2Felix GallDecathlon CMA CGM+ 2'06''
3Primož RogličRed Bull-Bora-Hansgrohe+ 2'10''
4Richard CarapazEF Education-EasyPost+ 4'24''
5Oscar OnleyNetcompany Ineos+ 5'44''
6Jakob OmrzelBahrain Victorious+ 6'14''
7Mattias SkjelmoseLidl-Trek+ 6'49''
8Cristián RodríguezXDS Astana+ 7'01''
9Clément BerthetGroupama-FDJ United+ 7'19''
10Sepp KussVisma-Lease a Bike+ 8'55''

Tous les favoris ont terminé dans le même temps (2h37'44'', à 2'44'' du vainqueur) : aucun écart n'a bougé par rapport à la veille. Maillots : rouge Mas, vert Van Aert (267 points), à pois Buitrago (29 points d'avance), blanc Onley (30'' sur Omrzel).

Red Bull-Bora-Hansgrohe a bien tenté de durcir la descente vers Cordoue, sans parvenir à isoler Mas, et Movistar a repris les commandes jusqu'à la ligne. Le bilan de la deuxième semaine est net. Six étapes, cinq vainqueurs différents, Van Aert ayant doublé : Tronchon à Elche de la Sierra, Brennan à Lorca, Omrzel à Calar Alto, Van Aert à Loja, Brenner à la Pandera, Van Aert à Cordoue. Au général, Mas a tout gagné : il avait pris le maillot rouge à l'Alto de Aitana dimanche dernier et n'a fait que consolider, avec 25 secondes reprises à Roglič dans le dernier kilomètre et demi de la Pandera, comme nous le racontions dans notre compte rendu de la 14e étape. Le Slovène, à 1'45'' avant la Pandera, pointe désormais à 2'10'' et a perdu sa deuxième place au profit de Gall.

La semaine a aussi été celle des pertes : Christophe Laporte, pilier de Visma, a abandonné samedi ; Mads Pedersen était rentré malade après Lorca ; Gregor Mühlberger a quitté la course à Loja. Le peloton compte 150 coureurs, et il a surtout traversé sept jours au-dessus de 38 °C sans incident grave, au prix de deux modifications de parcours et d'un débat ouvert entre coureurs, organisateurs et UCI. Reste une question que personne ne peut trancher avant jeudi : combien vaut vraiment l'avance de Mas face à Roglič sur 32,1 kilomètres de contre-la-montre ?

Repos ce lundi, puis six étapes jusqu'à Grenade : le programme complet de la dernière semaine

Le deuxième jour de repos se tient ce lundi 7 septembre. La course reprend mardi en Andalousie occidentale avant de remonter vers la Sierra Nevada. Le tableau ci-dessous reprend les données du livre de route officiel ; les horaires sont ceux de l'étape 16, seuls disponibles avec certitude à cette heure, les autres pouvant être ajustés si le protocole chaleur était de nouveau activé.

DateÉtapeDistance / profilCe qu'il faut savoir
Mardi 8 septembre16. Cortegana → La Rábida (Palos de la Frontera)181,1 km, accidentéeDépart fictif 13h05, arrivée vers 17h19. Première partie sinueuse favorable aux échappés, final plat en bord de mer avec risque de vent. « L'une des dernières occasions pour les sprinteurs » selon l'organisation.
Mercredi 9 septembre17. Dos Hermanas → Séville185 km, plateLe dernier sprint massif probable de cette Vuelta. Brennan, Coquard, Romele, Dainese, Meeus sont attendus.
Jeudi 10 septembre18. El Puerto de Santa María → Jerez de la Frontera32,1 km, contre-la-montre individuelDeuxième chrono de la course, départ sur la côte de Cadix, vent annoncé comme facteur majeur. « Une journée qui devrait marquer des différences entre les favoris. » Roglič contre Mas, Gall à défendre.
Vendredi 11 septembre19. Vélez-Málaga → Peñas Blancas (Estepona)210,8 km, accidentéePlat puis la Serranía de Ronda avant l'ascension finale de Peñas Blancas. Étape la plus longue de la semaine, promise à une échappée selon l'organisation.
Samedi 12 septembre20. La Calahorra → Collado del Alguacil186,8 km, montagnePlus de 5 000 m de dénivelé : double ascension de Hazallanas (1re cat.), Purche (1re cat.) entre les deux, final de 8,3 km à 9,8 %. Près de 50 points pour le maillot à pois. C'est là que la Vuelta se gagne ou se perd.
Dimanche 13 septembre21. Carrefour Granada → Grenade112 km, plateArrivée finale à Grenade, sprint attendu.

Sources : fiches d'étapes et présentations de Fernando Escartín sur lavuelta.es (étape 18, étape 20).

Deux journées décideront du podium. Jeudi, le contre-la-montre de Jerez est le terrain historique de Roglič ; à 2'10'' de Mas, il lui faudrait reprendre environ quatre secondes par kilomètre pour renverser la course dès jeudi, ce qui paraît hors de portée face à un Mas en forme, mais un gain d'une minute changerait complètement l'équation avant le Collado del Alguacil. Gall, moins rouleur, devra limiter la casse pour rester sur le podium. Samedi, avec Hazallanas gravi deux fois et un final à près de 10 %, c'est le type d'étape où un leader isolé peut perdre trois minutes. Mas y aura Castrillo et García Pierna, deux hommes qui ont fait la différence à la Pandera. Pour situer les forces en présence sur le chrono, notre classement des meilleurs rouleurs du peloton reste une bonne base.

En bref : Wellens gagne le Tour of Britain, Pidcock en Toscane, Vacek et Vadic en patrons

Tim Wellens (UAE Team Emirates-XRG) a remporté le Tour of Britain dimanche, au terme d'une cinquième étape gagnée en solitaire par son coéquipier Nils Politt à Earlston (3h33'28''), devant Florian Vermeersch à 12'' et Filippo Ganna à 18''. Au général, Wellens devance Lewis Askey de 42'' et Jasper Stuyven de 1'03'' ; Benoît Cosnefroy, 4e de l'étape, a contribué au festival UAE qui place cinq coureurs dans les huit premiers de l'étape, d'après Velo-Club. Tom Pidcock, sacré champion du monde de VTT une semaine plus tôt, a enchaîné sur route en s'imposant au GP Industria & Artigianato à Larciano, en Toscane. Mathias Vacek a remporté le ZLM Tour aux Pays-Bas, et Baptiste Vadic le Tour d'Istanbul, un doublé au général pour TotalEnergies. Enfin, la parole se libère sur la chaleur : João Almeida estime que « nous atteignons les limites du corps humain », tandis que Victor Campenaerts a officialisé sa prolongation chez Visma jusqu'à fin 2028.

Journée de repos : ce que font les pros, et comment l'appliquer à votre séjour vélo ou votre cyclosportive par étapes

« Je fais ce que je fais de mieux demain, c'est-à-dire rien. Rester allongé sur mon lit, dormir, et le lendemain on fera un plan », a lâché Matthew Brennan à Cordoue. Onley parle de « récupérer au mieux », Buitrago dit avoir « vraiment besoin » de cette journée. Derrière la boutade du Britannique, il y a un protocole très codifié que chaque équipe applique ce lundi, et qu'un amateur qui enchaîne six ou sept jours de vélo, en séjour dans les Alpes, sur une cyclosportive par étapes ou en stage de club, gagnerait à copier. La différence avec une sortie isolée, c'est la fatigue cumulée : après une semaine, le déficit de sommeil, les stocks de glycogène jamais tout à fait refaits et, cette année, la charge thermique s'additionnent. Notre dossier sur la récupération du cycliste détaille les bases ; voici ce qui change quand la fatigue est accumulée.

Premier point, et le plus contre-intuitif : les pros ne font pas « rien » au sens strict. La quasi-totalité des équipes sortent une à deux heures à très faible intensité, pour maintenir la circulation, éviter la sensation de jambes lourdes du lendemain et garder les habitudes. Ce que Brennan décrit, c'est l'absence totale d'effort et de sollicitation mentale : pas d'obligation, pas de transfert, un maximum de temps horizontal. Pour vous, la bonne traduction est une balade de 45 minutes à une heure sur le plat, en pignon souple, à une intensité où l'on parle sans peine, ou une marche de trente minutes si le corps refuse le vélo. Ce que nous expliquions à propos de la récupération active après une sortie longue vaut à plus forte raison au milieu d'un bloc. Rouler deux heures « tranquille » en montant un col pour « voir le paysage » n'est pas une journée de repos.

Deuxième point : la journée de repos sert d'abord à manger et à boire. Après plusieurs jours d'effort, l'appétit est souvent perturbé, surtout par forte chaleur, et beaucoup d'amateurs mangent moins précisément le jour où ils devraient refaire les stocks. Objectif réaliste : trois vrais repas riches en glucides, avec des féculents à chaque fois, des protéines à chaque repas et une collation dans l'après-midi ; hydratation régulière jusqu'à des urines claires, en ajoutant du sel ou une boisson d'électrolytes si vous avez transpiré abondamment toute la semaine. Les repères de notre guide de nutrition pendant l'effort s'appliquent, à la différence que l'on n'a pas de contrainte de tolérance digestive : c'est le moment de manger ce qui passe bien.

Troisième point : le sommeil et la chaleur. Une sieste d'une heure en début d'après-midi, chambre sombre et fraîche, est la meilleure « séance » de la journée ; le coucher doit être avancé, pas retardé par une soirée de groupe. Si vous avez roulé plusieurs jours au-dessus de 30 °C, ajoutez la douche tiède puis fraîche, l'éloignement du soleil aux heures chaudes et le contrôle du poids du matin : une perte de plus de 2 % entre deux matins consécutifs signifie que vous n'avez pas fini de vous réhydrater. Ce sont les signaux que nous listions dans notre article sur le protocole températures extrêmes, et ils comptent double en fin de bloc.

ContexteLe matinL'après-midiLe soirLe piège classique
Séjour vélo d'une semaine (cols, groupe d'amis)Grasse matinée, petit-déjeuner copieux, 45 min à 1 h de vélo plat très soupleSieste, révision du vélo (freins, chaîne, pneus), courses pour la suiteRepas riche en féculents, coucher tôtLa « sortie de récupération » qui passe par un col à 8 %
Cyclosportive par étapes (type Haute Route, 3 à 7 jours)Réveil sans alarme, pesée, 30 à 45 min de pignon souple ou marcheMassage ou auto-massage léger, jambes surélevées, hydratation avec électrolytesPréparer le matériel et le ravitaillement de la prochaine étape, coucher tôtVisiter la ville à pied pendant quatre heures en plein soleil
Stage de club ou semaine d'entraînementSortie de 1 h à 1 h 30 en endurance basse, sans aucune accélérationSieste, étirements doux, débrief de la semaine avec l'entraîneurRepas complet, écran coupé tôtTransformer la sortie « légère » en sprints de village entre copains

Repères indicatifs pour cyclistes adultes en bonne santé ; en cas de malaise, de nausées persistantes ou de fièvre après une semaine d'effort en forte chaleur, consultez un médecin plutôt que de repartir le lendemain.

Dernier point, celui que l'on oublie : le jour de repos casse le rythme, et le lendemain est souvent le jour des « mauvaises jambes ». Les pros le savent, d'où la sortie courte du lundi et un échauffement plus long le mardi. Si votre bloc reprend par une grosse étape, partez tôt, roulez les vingt premières minutes à une intensité plus basse que votre habitude et acceptez que les sensations ne reviennent qu'après une demi-heure. C'est exactement ce qu'Onley décrit quand il dit chercher à « retrouver le niveau de la semaine dernière » : la forme est encore là, elle a juste besoin d'être réveillée.

La leçon tactique de Cordoue : attaquer au moment où tout le monde relâche

Ce que Van Aert a fait dimanche tient en une phrase, la sienne : « J'ai senti le moment propice au sprint intermédiaire. » Un sprint intermédiaire, une bosse franchie, un ravitaillement, un carrefour de village : chaque point du parcours où la course a un objectif à court terme provoque, dans les secondes qui suivent, un relâchement collectif. Les sprinteurs se rassoient, les équipiers se relaient moins fort, les regards se baissent sur le compteur. Le peloton de Cordoue a mis plusieurs kilomètres à comprendre que le coup était parti, et quand il l'a compris, la seule équipe capable de rouler avait un coureur devant.

Sur une course de club, une cyclosportive à classement ou même une sortie groupée disputée, les mêmes instants existent : le sommet d'une côte où tout le monde souffle, la sortie d'un village après un rond-point, le moment où le groupe se ravitaille. Trois conditions pour que l'attaque paie, toutes réunies dimanche. D'abord, être placé avant le point de relâchement, pas revenir de l'arrière : Van Aert était quatrième au sprint intermédiaire, pas trentième. Ensuite, avoir une raison pour que les autres ne roulent pas : Visma avait Brennan derrière, ce qui a paralysé le peloton ; à votre niveau, c'est un partenaire de club qui reste dans le groupe et ne prend pas de relais. Enfin, assumer le travail une fois devant plutôt que de jouer au plus malin : Van Aert a pris la majorité des relais, quitte à arriver au sprint avec moins de fraîcheur, parce qu'une échappée qui hésite est une échappée reprise. Sur une cyclosportive, cela veut dire relayer franchement avec ceux qui sont sortis avec vous, en gardant votre finish pour les cinq cents derniers mètres, comme nous le conseillons dans notre guide pour préparer une première cyclosportive.

Questions fréquentes

Qui a gagné la 15e étape de la Vuelta 2026 ?

Wout van Aert (Visma-Lease a Bike), dimanche 6 septembre à Cordoue, au sprint d'un groupe de cinq devant Alessandro Romele et Thibau Nys. C'est sa deuxième victoire sur cette Vuelta après Loja vendredi, et sa cinquième sur le Tour d'Espagne, la deuxième à Cordoue après 2024.

Pourquoi la 15e étape a-t-elle été raccourcie ?

L'organisation a activé le protocole conditions météorologiques extrêmes samedi soir, à la demande des coureurs selon le directeur de course Javier Guillén, avec plus de 40 °C annoncés. L'étape a été réduite de 189,7 à 110,2 km et le départ décalé à 14h50. D'après Cyclingnews, c'est la première fois qu'une étape de la Vuelta est raccourcie pour cette raison dans l'histoire moderne de l'épreuve. Il faisait 44 °C à Cordoue à l'arrivée.

Quel est le classement général avant la troisième semaine ?

Enric Mas (Movistar) mène avec 2'06'' d'avance sur Felix Gall, 2'10'' sur Primož Roglič, 4'24'' sur Richard Carapaz et 5'44'' sur Oscar Onley. Aucun écart n'a bougé lors de la 15e étape, tous les favoris ayant terminé ensemble à 2'44'' du vainqueur.

Quand la Vuelta reprend-elle et quelles sont les étapes décisives ?

Lundi 7 septembre est jour de repos. La course reprend mardi 8 septembre entre Cortegana et La Rábida (181,1 km). Les deux journées décisives sont le contre-la-montre de 32,1 km entre El Puerto de Santa María et Jerez jeudi 10 septembre, et l'étape de montagne du samedi 12 septembre vers le Collado del Alguacil (8,3 km à 9,8 % après plus de 5 000 m de dénivelé). L'arrivée finale est jugée à Grenade dimanche 13 septembre.

Y a-t-il eu des abandons lors de la 15e étape ?

Non. Les 150 partants de Palma del Río ont été classés à Cordoue, malgré la chaleur. Le peloton reste donc à 150 coureurs avant la dernière semaine.

Faut-il rouler le jour de repos pendant un séjour vélo ?

Oui, mais très peu : 45 minutes à une heure sur le plat, à une intensité où l'on parle sans effort, ou une marche de trente minutes. L'essentiel de la journée doit être consacré au sommeil, à trois vrais repas riches en glucides et à la réhydratation. Une sortie de deux heures avec un col n'est pas une journée de repos.

Comment savoir si l'on est encore déshydraté après plusieurs jours de chaleur ?

Pesez-vous chaque matin : une perte de plus de 2 % d'un jour à l'autre, des urines foncées ou une fréquence cardiaque de repos nettement plus haute que d'habitude indiquent que la réhydratation n'est pas terminée. Ajoutez du sel ou des électrolytes à vos boissons et reportez toute intensité.