Katarzyna Niewiadoma-Phinney (Canyon-SRAM) a remporté vendredi 7 août la 7e étape du Tour de France Femmes 2026, l'étape reine courue sur 146,8 km entre La Voulte-sur-Rhône et le sommet du Mont Ventoux, au terme d'un raid solitaire de près de dix kilomètres. La Polonaise devance Demi Vollering (FDJ United-Suez) de 1'16'' et Elisa Longo Borghini (UAE Team L'IMAD) de 1'42'', et s'empare du maillot jaune de Marlen Reusser (Movistar), 4e à 1'46''. Avant le week-end final à Nice, la lauréate 2024 compte 15 secondes d'avance sur Vollering et 39 sur Reusser.
- Katarzyna Niewiadoma-Phinney (Canyon-SRAM) gagne la 7e étape au Mont Ventoux en 4h22'53'', sa toute première victoire d'étape sur le Tour de France Femmes malgré son sacre final en 2024.
- Attaque décisive à 9,7 km du sommet ; Vollering 2e à 1'16'', Longo Borghini 3e à 1'42'', Reusser lâchée dans les derniers hectomètres, 4e à 1'46''.
- Nouveau général : Niewiadoma en jaune, Vollering à 15'', Reusser à 39'' — tout se jouera à Nice ce week-end.
- Cédrine Kerbaol (EF Education-Oatly), 7e de l'étape à 2'01'', remonte au 6e rang du général, meilleure Française.
- Première arrivée au sommet du Mont Ventoux de l'histoire du Tour de France Femmes ; Puck Pieterse devient la première coureuse à dépasser les 50 points au classement de la montagne.
Un départ au ralenti avant le Géant de Provence
L'ombre du Ventoux a pesé sur la course dès le départ de La Voulte-sur-Rhône. Privée d'Anna van der Breggen, non partante après plusieurs jours de difficultés physiques, la 7e étape (146,8 km, environ 3 565 m de dénivelé positif) a démarré sur un faux rythme : il a fallu attendre une dizaine de kilomètres pour voir Jeanne Korevaar s'isoler en tête, rejointe par huit coureuses dont les Françaises Ema Comte et Noémie Abgrall. Une tentative reprise au bout de sept kilomètres seulement, avant un long round d'observation.
La bonne échappée est finalement sortie à 75 km de l'arrivée : un groupe monté à onze unités, avec notamment Amalie Dideriksen, Marit Raaijmakers et la Française Clémence Latimier, qui a compté jusqu'à deux minutes et demie d'avance à 45 km du but. Mais à l'approche de la montagne, SD Worx-Protime a envoyé Lorena Wiebes durcir la course en tête de peloton, et l'écart a fondu d'une minute et demie en une dizaine de kilomètres. Malgré les relances de Latimier, contrée par Ruby Roseman-Gannon, tout était regroupé à 18 kilomètres de la ligne, au pied même de la montée finale.
L'attaque à 9,7 km du sommet qui a renversé le Tour
Dès les premières pentes de l'ascension finale — plus de 15 kilomètres à près de 9 % de moyenne, jusqu'à 1 910 mètres d'altitude —, la championne du monde Magdeleine Vallières a mis le feu, avec la championne de France Célia Gery dans sa roue. Première victime de l'accélération : Pauline Ferrand-Prévot, définitivement hors du coup au général un an après son sacre. Un groupe de quatorze coureuses s'est formé autour du maillot jaune Marlen Reusser, fondant au fil des kilomètres, pendant que Célia Gery puis Marion Bunel cédaient à leur tour, laissant Cédrine Kerbaol seule Tricolore aux avant-postes.
Les grandes manœuvres ont débuté à l'orée des dix derniers kilomètres : première offensive de Demi Vollering, suivie seulement par Reusser et Niewiadoma. Et pendant que la Néerlandaise et la Suissesse commençaient à se toiser, la Polonaise a joué son va-tout à 9 700 mètres du sommet. Ses deux rivales ont tardé à réagir, et l'écart n'a plus cessé de grandir : près d'une minute au Chalet Reynard, plus d'une minute et demie à trois kilomètres de la ligne. Malgré un fort vent de face dans le final dénudé du Géant de Provence, Niewiadoma a maintenu son tempo jusqu'à lever les bras. Derrière, Vollering a porté une attaque violente à 600 mètres de la banderole, faisant craquer Reusser, qui a même vu Elisa Longo Borghini lui chiper sur la ligne les quatre secondes de bonification de la 3e place.
Vollering-Reusser : le duel qui a offert le Tour à Niewiadoma
Les réactions d'après-course ont confirmé ce que les images montraient : les deux favorites se sont neutralisées. « J'aurais vraiment dû combler l'écart de manière immédiate. C'est là que réside la déception à l'issue de cette étape », a reconnu Demi Vollering au micro du média néerlandais NOS, elle qui espérait « s'échapper avec Marlen Reusser puis revenir sur Katarzyna Niewiadoma ». Encore plus cash, la Suissesse a lâché auprès de Cyclingnews : « Le problème a été qu'avec Demi Vollering, nous nous sommes beaucoup trop marquées. C'était vraiment stupide de la part de chacune d'entre nous. » Aucune des deux ne voulait emmener l'autre dans sa roue, et la course s'est déroulée, selon Reusser, « encore plus en faveur de quelqu'un qui est à l'avant comme Katarzyna Niewiadoma ».
Niewiadoma : une victoire préparée sur le terrain
Sacrée en 2024 à l'Alpe d'Huez sans jamais avoir gagné d'étape, Niewiadoma a corrigé cette incongruité dans un autre lieu mythique de la Grande Boucle. « Honnêtement, j'ai du mal à décrire ce que je ressens. Je suis sans voix, je ressens juste une immense gratitude », a-t-elle réagi à l'arrivée, avant de raconter un moment particulier : « Quand j'ai commencé l'ascension, j'ai regardé à droite et j'ai vu mes parents debout au bord de la route, venus à l'improviste pour m'encourager. Je me suis dit que je devais rendre mon père fier aujourd'hui. » La Polonaise a aussi révélé être venue reconnaître le Ventoux avec ses amis et son mari : « Nous avons gravi la côte à trois reprises. À partir de ce moment-là, je n'ai plus eu qu'une envie : revivre cette sensation aujourd'hui. »
Classement de l'étape et nouveau général
7e étape, La Voulte-sur-Rhône – Mont Ventoux (146,8 km) : 1. Katarzyna Niewiadoma-Phinney (Canyon-SRAM) en 4h22'53'' ; 2. Demi Vollering (FDJ United-Suez) à 1'16'' ; 3. Elisa Longo Borghini (UAE Team L'IMAD) à 1'42'' ; 4. Marlen Reusser (Movistar) à 1'46'' ; 5. Paula Blasi (UAE Team L'IMAD) à 1'48'' ; 6. Antonia Niedermaier (Canyon-SRAM) à 1'48'' ; 7. Cédrine Kerbaol (EF Education-Oatly) à 2'01'' ; 8. Dominika Wlodarczyk (UAE Team L'IMAD) à 3'26'' ; 9. Kim Le Court-Pienaar (AG Insurance-Soudal) à 3'58'' ; 10. Isabella Holmgren (Lidl-Trek) à 4'11''.
| Rang | Coureuse | Équipe | Écart |
|---|---|---|---|
| 1 | Katarzyna Niewiadoma-Phinney | Canyon-SRAM | 24h07'34'' |
| 2 | Demi Vollering | FDJ United-Suez | + 15'' |
| 3 | Marlen Reusser | Movistar | + 39'' |
| 4 | Elisa Longo Borghini | UAE Team L'IMAD | + 2'59'' |
| 5 | Antonia Niedermaier | Canyon-SRAM | + 3'21'' |
| 6 | Cédrine Kerbaol | EF Education-Oatly | + 4'01'' |
| 7 | Paula Blasi | UAE Team L'IMAD | + 4'31'' |
| 8 | Dominika Wlodarczyk | UAE Team L'IMAD | + 5'13'' |
| 9 | Isabella Holmgren | Lidl-Trek | + 6'09'' |
| 10 | Kim Le Court-Pienaar | AG Insurance-Soudal | + 6'17'' |
Dans les classements annexes, Lorena Wiebes conserve un maillot vert désormais quasi imprenable (147 points), tandis que Puck Pieterse (Fenix-Premier Tech) a marqué l'histoire au Col de la Grande Limite en devenant la première coureuse à dépasser les 50 points au classement de la montagne (55 points). Antonia Niedermaier consolide son maillot blanc de meilleure jeune, et UAE Team L'IMAD, portée par le trio Longo Borghini-Blasi-Wlodarczyk, a pratiquement verrouillé le classement par équipes. À noter la belle opération de Cédrine Kerbaol : au lendemain de sa deuxième place à Tournon-sur-Rhône, la Française gagne encore deux rangs au général et s'installe à la 6e place.
Ce week-end à Nice : deux étapes pour 15 secondes
Le Tour est renversé mais pas plié. Ce samedi 8 août, la 8e étape est la plus longue de l'édition : 175 km entre Sisteron et Nice, une étape de transition en sortie des Alpes avec quatre côtes répertoriées, dont la Côte de Colomars et la Côte de la Ginestière dans les 20 derniers kilomètres, avant une arrivée sur la Promenade des Anglais promise aux sprinteuses ou aux baroudeuses. Dimanche, le juge de paix final : 99 km en circuit autour de Nice avec quatre ascensions du Col d'Èze, la dernière par le versant raide du Chemin des Vinaigriers. Avec 15 petites secondes d'avance sur une Vollering très forte en fin d'étape au Ventoux, Niewiadoma n'a droit à aucune erreur — les bonifications pourraient suffire à faire basculer le maillot jaune, comme le duel Reusser-Vollering l'avait montré depuis le chrono de Dijon.
Ce que les cyclistes amateurs peuvent retenir de cette étape
Trois enseignements très concrets. D'abord, la reconnaissance paie : Niewiadoma avait gravi le Ventoux trois fois à l'entraînement avec ses proches, en variant les intensités. Connaître les passages où la pente se durcit, l'endroit où le vent s'ouvre après le Chalet Reynard, change tout dans la gestion d'un effort long — une méthode applicable à n'importe quelle cyclosportive de montagne. Ensuite, monter à son rythme bat presque toujours le stop-and-go : pendant que Vollering et Reusser multipliaient accélérations et temps morts, la Polonaise a déroulé un tempo régulier, la stratégie la plus économe en énergie sur une pente régulière et exposée. Enfin, la leçon tactique : dans un groupe de chasse, refuser de collaborer fait perdre tout le monde. Si personne ne veut prendre de relais, l'échappée gagne — au Ventoux comme dans une course régionale, mieux vaut un accord de relais imparfait que deux coureurs qui se regardent, comme l'avait déjà illustré le raid victorieux de Sigrid Haugset à Poligny.
FAQ – Tour de France Femmes 2026, étape 7
Qui a gagné la 7e étape du Tour de France Femmes 2026 au Mont Ventoux ?
Katarzyna Niewiadoma-Phinney (Canyon-SRAM) s'est imposée en solitaire vendredi 7 août 2026, en 4h22'53'', après une attaque à 9,7 km du sommet. C'est sa toute première victoire d'étape sur le Tour de France Femmes, deux ans après son succès au classement général 2024.
Qui porte le maillot jaune après l'étape du Mont Ventoux ?
Katarzyna Niewiadoma-Phinney a pris le maillot jaune à Marlen Reusser. Elle devance Demi Vollering de 15 secondes et Reusser de 39 secondes avant les deux dernières étapes autour de Nice.
Était-ce la première arrivée au Mont Ventoux pour le Tour de France Femmes ?
Oui. Le peloton du Tour de France Femmes n'avait jamais disputé d'arrivée au sommet du Géant de Provence (1 910 m). Le Ventoux n'avait accueilli le peloton féminin professionnel que lors du Mont Ventoux Dénivelé Challenge 2022 et d'une étape du Tour de l'Ardèche 2016.
Comment se sont classées les Françaises au Ventoux ?
Cédrine Kerbaol (EF Education-Oatly) est la meilleure Française : 7e de l'étape à 2'01'', elle remonte au 6e rang du classement général à 4'01''. Célia Gery et Marion Bunel ont cédé dans les premiers kilomètres de l'ascension finale, tandis que Pauline Ferrand-Prévot a été distancée dès le pied du col.
Que reste-t-il à courir sur ce Tour de France Femmes 2026 ?
Deux étapes : samedi 8 août, Sisteron-Nice (175 km, la plus longue de l'édition, arrivée sur la Promenade des Anglais), puis dimanche 9 août un circuit final de 99 km autour de Nice avec quatre ascensions du Col d'Èze, qui désignera la lauréate de cette 5e édition.
Sources : Media365/Orange – récit et classements ; Media365/Orange – réactions Vollering et Reusser ; CyclingUpToDate – résultats et classements étape 7 ; letourfemmes.fr – parcours officiel.