Le marché des transferts cyclisme pour la saison 2027 s'ouvre officiellement ce samedi 1er août 2026 : à partir d'aujourd'hui, les équipes UCI WorldTour et ProTeams peuvent annoncer publiquement leurs recrutements pour l'an prochain. Pendant que le peloton féminin s'élance de Lausanne pour le Tour de France Femmes et que les grimpeurs s'expliquent sur les pentes de la Clasica San Sebastian, une autre course démarre en coulisses : celle des signatures. Retraites déjà annoncées, jeunes talents verrouillés, rumeurs autour d'Arnaud De Lie, de Primoz Roglic ou de Valentin Madouas... Voici le point complet sur ce que ce 1er août change, et comment lire les annonces qui vont s'enchaîner dans les prochaines semaines.
- Ce 1er août 2026, le mercato s'ouvre officiellement : les transferts pour 2027 peuvent être annoncés publiquement.
- Déjà actés : plusieurs retraites de coureurs majeurs (Pello Bilbao, Damiano Caruso, Magnus Cort, Luke Durbridge...) et de premières signatures de jeunes, dont le Français Aubin Sparfel chez Decathlon CMA CGM.
- Les grosses rumeurs : Arnaud De Lie vers Tudor, l'avenir de Primoz Roglic, Giulio Ciccone courtisé de toutes parts, Valentin Madouas annoncé chez Cofidis.
- Salaire minimum WorldTour : environ 44 150 € brut par an pour un coureur salarié confirmé, gelé au niveau de 2025.
Pourquoi le 1er août ? Les règles du mercato vélo
Contrairement au football, le cyclisme ne connaît ni indemnité de transfert généralisée ni fenêtre de négociation stricte : les discussions entre agents, coureurs et managers se déroulent en réalité toute l'année, souvent dans les hôtels du Tour de France. Mais la réglementation UCI fixe un repère clair : c'est à partir du 1er août que les équipes sont autorisées à communiquer officiellement l'arrivée d'un coureur pour la saison suivante. D'où l'avalanche d'annonces attendue dans les prochains jours, chaque formation ayant préparé ses communiqués depuis des semaines.
Côté contrats, la grande majorité des coureurs s'engagent pour deux ou trois saisons. Le salaire minimum d'un coureur WorldTour salarié confirmé est d'environ 44 150 € brut par an, et d'environ 35 700 € pour un néo-professionnel — des montants gelés au niveau de 2025, le syndicat des coureurs (CPA) ayant accepté une pause dans les augmentations annuelles le temps de négocier des réformes plus structurelles. Les stars du peloton évoluent évidemment dans une autre galaxie, avec des salaires estimés en millions d'euros par an pour les tout meilleurs.
Ce qui est déjà acté : retraites et premières signatures
Avant même l'ouverture officielle du marché, plusieurs pages se tournent. Le peloton perdra fin 2026 des coureurs d'expérience qui ont annoncé leur retraite : Pello Bilbao et Damiano Caruso (Bahrain Victorious), Ben Swift (INEOS), Luke Durbridge et Luka Mezgec (Jayco AlUla), Magnus Cort (Uno-X Mobility) ou encore le Français Geoffrey Bouchard (TotalEnergies). Autant de places qui se libèrent, et autant d'histoires que les équipes devront remplacer.
Dans l'autre sens, les premières signatures officialisées concernent surtout la jeune génération : le Français Aubin Sparfel, l'un des jeunes les plus prometteurs de sa génération, passera professionnel chez Decathlon CMA CGM en provenance de l'équipe de développement, tandis que l'Italien Lorenzo Finn, autre grand espoir, intègre l'effectif principal de Red Bull-BORA-hansgrohe. Lotto-Intermarché a de son côté frappé fort en prolongeant son grimpeur prodige Jarno Widar, annonce tombée ce samedi matin même. La stratégie est claire dans tout le peloton : verrouiller les pépites avant que la concurrence ne s'en mêle.
Transfert - Le mercato Hommes pour 2027 : toutes les infos et rumeurs de transferts #MercatoVELO #Mercato #Transferts #UCI #Teams
— Cyclism'Actu (@cyclismactu) X / Cyclism'Actu
De Lie, Roglic, Ciccone : les grosses rumeurs qui agitent le peloton
Le dossier le plus chaud du mercato concerne Arnaud De Lie : le sprinteur-puncheur belge de Lotto-Intermarché est annoncé avec insistance chez Tudor Pro Cycling, l'équipe suisse de Fabian Cancellara, qui recruterait également le sprinteur australien Kaden Groves (Alpecin). Un duo de choix pour une formation qui ne cache plus ses ambitions. Autre feuilleton majeur : l'avenir de Primoz Roglic. Le départ du Slovène de Red Bull-BORA-hansgrohe est acquis, mais sa destination reste ouverte — Tudor et Pinarello Q36.5 reviennent le plus souvent. Le quadruple vainqueur de la Vuelta, récemment percuté par une voiture à l'entraînement et éloigné des pelotons plusieurs semaines, choisira son dernier grand défi avec attention.
Giulio Ciccone est l'autre nom qui circule partout : le grimpeur italien de Lidl-Trek est cité chez Decathlon CMA CGM, XDS Astana et UAE Team Emirates. Signe des temps, même l'entourage de Tadej Pogacar bouge : Pavel Sivakov rejoindrait Decathlon CMA CGM, et la presse spécialisée évoque ce samedi le possible départ d'un autre équipier de poids du Slovène. Prudence toutefois : tant qu'un communiqué officiel n'est pas publié, une rumeur reste une rumeur — même « insistante ».
Le mercato côté français : Madouas, Jeannière, TotalEnergies sous tension
Le marché s'annonce animé pour les équipes françaises. Le transfert le plus commenté est celui de Valentin Madouas : le Breton, pilier de Groupama-FDJ United depuis ses débuts, est annoncé chez Cofidis, où il retrouverait un rôle de leader unique sur les classiques. Dans l'autre sens, la formation de Marc Madiot se renforcerait avec deux coureurs de TotalEnergies, le rapide Émilien Jeannière et le grimpeur Alexandre Delettre. L'équipe vendéenne, qui perd également Geoffrey Bouchard (retraite) et voit Jordan Jegat et Anthony Turgis cités ailleurs, traverse clairement une zone de turbulences.
À suivre également : l'avenir de Guillaume Martin-Guyonnet, dont le nom apparaît dans la colonne des départs possibles de Groupama-FDJ sans destination connue, et celui de Julian Alaphilippe, sous contrat avec Tudor mais régulièrement cité dans les rubriques transferts. Pour les jeunes, l'arrivée d'Aubin Sparfel chez Decathlon CMA CGM confirme la montée en puissance de la filière française, un an après l'éclosion de Paul Seixas au plus haut niveau.
Et Pogacar ? Le suspense Vuelta plutôt que le mercato
Le vainqueur du Tour de France 2026 — son cinquième sacre — n'est évidemment pas concerné par le marché des transferts, mais il entretient un autre suspense : sa participation à la Vuelta, qui s'élancera le 22 août. Dans un entretien accordé à la presse espagnole cette semaine, Tadej Pogacar n'a ni confirmé ni infirmé sa présence, laissant entendre qu'une décision serait prise après une période de récupération. Une participation le priverait des Grands Prix de Québec et de Montréal en septembre, traditionnels tremplins vers les Championnats du monde.
Comment suivre le mercato sans se faire piéger
Pour l'amateur de cyclisme, le mercato est un feuilleton passionnant mais piégeux. Trois réflexes simples permettent d'y voir clair. D'abord, distinguer l'officiel du probable : seule une annonce publiée par l'équipe (site officiel, réseaux sociaux) vaut confirmation ; les tableaux de transferts des sites spécialisés hiérarchisent d'ailleurs les informations entre signatures actées, rumeurs insistantes et simples bruits de couloir. Ensuite, se méfier du calendrier : certaines équipes échelonnent leurs annonces sur des semaines pour occuper le terrain médiatique, et un silence ne signifie pas une absence d'accord. Enfin, regarder les mouvements d'encadrement et de sponsors autant que ceux des coureurs : un directeur sportif qui change d'équipe ou un sponsor qui prolonge en dit souvent long sur les recrutements à venir. Le mercato se lit comme une course : ce sont rarement les premiers à s'échapper qui gagnent.
FAQ : le mercato cyclisme en 5 questions
Pourquoi le mercato cyclisme s'ouvre-t-il le 1er août ?
La réglementation UCI autorise les équipes à annoncer officiellement leurs recrutements pour la saison suivante à partir du 1er août. Les négociations, elles, se déroulent en coulisses bien avant, souvent pendant le Tour de France.
Existe-t-il des indemnités de transfert comme au football ?
Non, pas de manière généralisée : la plupart des coureurs changent d'équipe à l'expiration de leur contrat, sans indemnité. Un rachat de contrat en cours reste possible mais rare, réservé à quelques cas très médiatisés.
Combien gagne un coureur professionnel ?
Le salaire minimum d'un coureur WorldTour salarié confirmé est d'environ 44 150 € brut par an (environ 35 700 € pour un néo-pro), des montants gelés au niveau de 2025. Les leaders les mieux payés dépassent plusieurs millions d'euros annuels.
Quels sont les plus gros dossiers du mercato 2027 ?
L'avenir d'Arnaud De Lie (annoncé chez Tudor), la destination de Primoz Roglic après son départ acté de Red Bull-BORA-hansgrohe, l'avenir de Giulio Ciccone, et côté français le transfert annoncé de Valentin Madouas vers Cofidis.
Quand connaîtra-t-on les effectifs définitifs 2027 ?
Les annonces s'étaleront d'août à l'automne, l'essentiel des mouvements étant officialisé entre août et octobre. Les effectifs complets sont enregistrés auprès de l'UCI en fin d'année, avant les premières présentations d'équipes en décembre et janvier.
À lire aussi sur Vélo Conseil :