Un vélo d'équipe Eddy Merckx de l'ère Molteni, probablement de 1972, a été identifié par le collectionneur Richard Hoddinott. Ce cadre, trop petit pour Merckx lui-même, aurait été utilisé par un de ses équipiers lors de sa saison historique, marquée par le doublé Giro-Tour et trois Monuments, comme le rapporte Cycling Weekly.
Ce qu'il faut retenir
- Le vélo est un modèle d'équipe Eddy Merckx de l'ère Molteni, vraisemblablement de 1972.
- Il a probablement été utilisé par un équipier de Merckx durant une saison où il a remporté le Giro, le Tour de France, Milan-San Remo, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie.
- Le cadre est équipé de composants Campagnolo, d'un cintre et d'une potence Cinelli, et d'une selle Unicanitor.
- Le collectionneur Richard Hoddinott ne restaure pas ses vélos, préservant leur patine et leur histoire.
- Une inscription mystérieuse 'K V.D. ELST' sous le boîtier de pédalier suggère une origine potentielle chez le cadreur Marcel van der Este.
Un témoin de la saison légendaire de 1972
Le vélo en question est un modèle d'équipe Eddy Merckx, datant de la fin de l'ère Molteni, avec une forte probabilité qu'il soit de 1972. Cette année fut exceptionnelle pour Eddy Merckx, qui réalisa le doublé Giro d'Italia-Tour de France. Il s'adjugea également trois Monuments : Milan-San Remo, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie. À cela s'ajoutent d'autres victoires, dont la Flèche Wallonne et le record de l'heure à Mexico. Bien que le cadre soit trop petit pour le « Cannibale », il est fort probable qu'il ait été utilisé par un équipier, roulant à ses côtés ou derrière lui, dans les cols mythiques comme l'Izoard ou le Stelvio.
Ce vélo incarne une période faste du cyclisme, où la domination de Merckx était incontestable. Pour les passionnés d'histoire du cyclisme, posséder un tel objet, même s'il n'était pas le vélo personnel du champion, offre une connexion tangible avec ces exploits légendaires.
La philosophie de collection de Richard Hoddinott
Richard Hoddinott, propriétaire de The Velo Pages et collectionneur britannique de renom, possède plus d'une centaine de vélos. Sa collection s'étend des tricycles pour personnes handicapées aux machines du Tour de France des années 1920, en passant par les vélos des stars britanniques du contre-la-montre des années 1960-70. Hoddinott adopte une approche singulière : il ne restaure pas les vélos qu'il acquiert. Il les conserve dans l'état où il les a trouvés, estimant que chaque marque, chaque rayure et la saleté encore présente font partie intégrante de leur histoire.
Cette philosophie de préservation de l'authenticité est particulièrement appréciée dans le monde de la collection. Elle permet de conserver l'âme et le vécu de chaque machine, offrant une lecture plus juste de leur parcours. Pour les cyclistes qui s'intéressent à l'évolution du matériel, cette approche met en lumière la robustesse et la durabilité des vélos d'époque.
Détails techniques et mystères de fabrication
Le vélo présente une qualité unique, avec une tenue de route très volontaire, selon Richard Hoddinott. Sa construction est de premier ordre, entièrement équipée en Campagnolo, avec un cintre et une potence Cinelli, et une selle Unicanitor. Hoddinott apprécie particulièrement la patine, les décalcomanies 531 usées et le grand plateau Nuovo Record, percé de manière légèrement désordonnée. Ces détails sont des marqueurs de l'époque et de l'utilisation intensive du vélo.
Dans les années 70, Merckx faisait appel à l'entrepreneur belge Fernand Kessels pour fournir les vélos de l'équipe Molteni, en complément de cadres Colnago et De Rosa. Kessels, plus gestionnaire que soudeur, commandait ses cadres à divers constructeurs haut de gamme, dont Marcel van der Este. Une inscription peinte sous le boîtier de pédalier, « K V.D. ELST », suggère un lien potentiel avec Kessels et van der Este, bien que l'orthographe puisse être une erreur ou indiquer une autre provenance, comme un magasin ou un coureur ultérieur. Ce mystère ajoute à l'attrait historique du vélo.
Pourquoi cela compte pour vous, passionnés de cyclisme
Pour les cyclistes pratiquants, qu'ils soient collectionneurs, amateurs de belles mécaniques ou simples passionnés d'histoire, ce vélo est plus qu'un simple objet. Il représente un pan entier de l'histoire du cyclisme professionnel, une époque où les vélos étaient des outils de travail robustes, conçus pour endurer les rigueurs des courses les plus exigeantes. L'attention portée aux détails, comme les composants Campagnolo ou la patine, offre une perspective sur la qualité de fabrication de l'époque et l'évolution du matériel.
Comprendre comment ces vélos étaient construits et utilisés permet d'apprécier le chemin parcouru par la technologie cycliste. C'est aussi une source d'inspiration pour ceux qui aiment rouler sur des vélos vintage ou qui s'intéressent à la restauration. La philosophie de non-restauration de Richard Hoddinott souligne l'importance de l'authenticité et de la préservation du patrimoine cycliste, un aspect qui résonne avec de nombreux pratiquants.
Ce qu'il faut retenir et ce qui reste à découvrir
Ce vélo d'équipe Molteni de 1972 est un témoignage précieux de l'âge d'or d'Eddy Merckx et de l'ingénierie cycliste de l'époque. Son état d'origine, conservé par Richard Hoddinott, offre une fenêtre unique sur le passé. Les composants Campagnolo, Cinelli et Unicanitor sont des références pour les connaisseurs et les collectionneurs, illustrant la qualité des équipements utilisés par les professionnels.
Le mystère autour de l'inscription « K V.D. ELST » sous le boîtier de pédalier demeure. S'agit-il d'une signature de cadreur, d'une marque d'atelier ou d'une indication sur son propriétaire initial après son utilisation en équipe ? Cette incertitude ajoute à l'aura du vélo, invitant à la spéculation et à la recherche. Pour les collectionneurs, chaque indice, même infime, peut révéler une part de l'histoire du cyclisme professionnel.